Le 22 mars 2016 est la date qui a douloureusement marqué tout un pays. La Belgique a fait face à l’horreur d’actes terroristes sans précédent sur son territoire. Ceux-ci ont profondément marqué les services de renseignement et de sécurité nationaux et amélioré les synergies entre leurs différents services.
En ce triste anniversaire toutes nos pensées vont une nouvelle fois aux victimes, à leurs proches et à leurs familles, à tous ceux qui ont été marqués dans leur chair et dans leur mémoire par la barbarie aveugle.
En dix ans, de nombreux attentats ont pu être déjoués mais l’ensemble des services de renseignement et de sécurité de notre pays n’ont malheureusement pas réussi à empêcher ceux de 2016 à Bruxelles.
Une commission d’enquête parlementaire sur les attentats a pointé une série de dysfonctionnements et proposé de nombreuses recommandations. Le monde du renseignement et de la sécurité a depuis fortement évolué dans sa lutte contre le terrorisme et ce à plusieurs niveaux.
En ce qui concerne plus spécifiquement les deux services de renseignement, la Sûreté de l’Etat (VSSE) et le Service Général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS), la coopération a été fortement renforcée par la création, en 2019, d’une Plateforme commune Contre-Terrorisme (PF CT) permettant la colocalisation de collaborateurs des deux services.
Elle a ensuite évolué, en 2024, vers une plateforme qui traite à la fois du contre-terrorisme et du contre-extrémisme, aussi bien confessionnel qu’idéologique. Cette PF CECT, composée de collaborateurs des deux services, permet un partage total des informations, des analyses communes, une diffusion systématique des produits d’analyse vers nos partenaires, dont notamment la Police fédérale, l’OCAM et le NCCN. Au travers de cette PF CECT une représentation commune des deux services dans les fora nationaux et internationaux est assurée. Cette évolution fait de cette plateforme commune la pierre angulaire de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme en Belgique.
Les Directions des deux services se réunissent toutes les six semaines sous forme d’un Comité de Suivi afin de discuter de problématiques urgentes ou afin d’évaluer les différentes collaborations. Chaque service a envoyé chez l’autre un officier de liaison pour faire le lien quand cela est encore nécessaire.
En matière de digitalisation, la VSSE et le SGRS viennent de signer un protocole d’accord afin d’établir une gouvernance commune en termes de technologies de l’information. L’objectif est entre autres une interconnexion des environnements ICT et l’achat en commun de matériel.
Les deux services de renseignement ont également fait des propositions conjointes d’adaptation de leur loi organique. Cela a permis une évolution de leurs prérogatives légales, avec notamment plus de possibilités de collecte. En 2026, un nouveau projet d’adaptation de ladite loi vise, entre autres, à prévoir plus de possibilité d’interventions disruptives afin d’entraver plus efficacement les menaces, notamment dans l’espace cyber.
La coopération du SGRS avec la Police fédérale s’est également renforcée en désignant un officier de liaison favorisant ainsi les échanges entre les deux services. Parmi les différentes synergies existantes, nous pouvons citer la mise en commun de formations, le partage de bonnes pratiques et les nombreuses assistances techniques du SGRS au profit de la Police. Un protocole de coopération a été signé dans ce sens en 2024 avec le Cyber Command.
La mise en place de ce dernier au sein du SGRS n’a pas pour unique vocation la cybersécurité. Il vise également à exploiter les opportunités du cyberespace pour mieux y détecter les activités des acteurs mal intentionnés vis-à-vis de la sécurité de la Belgique et de ses ressortissants.
Ce développement capacitaire intégrant l’OSINT (Open Source Intelligence), le SOCMINT (Social Media Intelligence) et la collecte informatique, renforce le SGRS et donc toute la communauté du renseignement belge en apportant un volet technique à la pointe.
L’échange d’informations sensibles entre les différents services nationaux est par ailleurs facilité par le BSC (Belgian Secure Communications). L’accès direct aux banques de données des services de sécurité par les deux services de renseignement contribue également à un partage plus efficace des informations.
Pour conclure, certains défis évoqués par le rapport d’enquête restent encore à relever. Par exemple en matière de recrutement les choses ont favorablement évolué mais nous sommes toujours à la recherche de profils spécifiques.
Nous sommes parfaitement conscients de notre responsabilité et quotidiennement, avec l’ensemble de nos partenaires, nationaux et étrangers, nous renforçons notre position d’information. Et nous consacrons toute notre énergie et notre détermination à empêcher qu’un tel drame puisse se produire à nouveau sur notre territoire.