Il y a plusieurs années, le Cyber Command a établi un accord de coopération avec l’ESA, l’Agence Spatiale Européenne et son Centre Européen de Sécurité et d’Education Spatiale (ESEC) à Redu. Cet accord porte sur la cybersécurité spatiale et le développement de la cybersécurité post-quantique. Des enjeux dont l’importance stratégique s’est encore renforcée aujourd’hui comme en témoigne la visite du ministre de la Défense Theo Francken.
Le ministre de la Défense est arrivé en hélicoptère A-109 à l’ESA ce lundi pour une visite de ses installations et de l’écosystème local, public et privé en matière de cybersécurité.
Rejoint par Vanessa Matz, la ministre chargée de BELSPO, des entreprises et de la fonction publique, il a ensuite rapidement embarqué en direction de l’ESEC, le centre Européen de Sécurité et d’Education Spatiale de l’ESA. Les ministres et le Général-major Pierre Ciparisse, le futur commandant de la Cyber Force ont été accueillis par monsieur Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA. Pendant sa présentation, ce dernier explique : « le spatial est un domaine qui comprend de nombreuses applications duales, c’est-à-dire aussi bien civiles que militaires. L’étude des phénomènes météorologiques dans le cadre changement climatique ou l’accès à certains renseignements pour la Défense ».

La Belgique investit 300 millions d’Euros par an à l’ESA et constitue le cinquième donateur européen. Le ministre confirme : « Dans le cadre de ma nouvelle vision stratégique, l’espace est un domaine prioritaire. Nous devons développer ces capacités non seulement pour la Défense, mais aussi pour l’ensemble de la société. C’est aussi une question de souveraineté européenne ».
La délégation se rend ensuite au CSOC (Cyber Security Operations Center), le centre névralgique de la cybersécurité de l’ESA. Dans cette salle remplie d’écrans de contrôle, on la sensibilise sur la portée de l’enjeu. « Il faut assurer la cybersécurité non seulement sur l’ensemble des sites de l’ESA, mais aussi en ce qui concerne nos communications avec nos satellites » affirme un spécialiste.
La suite du programme se déroule à l’agence de développement économique et durable de la Province du Luxembourg, Idelux. C’est une intercommunale qui opère comme guichet unique pour les entreprises, un facilitateur à différents niveaux (financement, législation, etc.) qui a développé le site de Transinne avec son pôle Galaxia, l’unique parc d’activités belge dédié à la cybersécurité et aux applications spatiales.
On y présente le cyber range, le « stand de tir cybernétique » de la société Nexova, qui permet de se tester à toute une panoplie d’incidents cyber. Ces installations ont permis aux opérateurs de la Force Aérienne, et plus précisément à ceux de la 11eme escadrille, de bénéficier d’une formation poussée en cyberdéfense. Le Général-major Pierre Ciparisse : « nous appuyons les autres Forces dans le renforcement de leurs capacités de cyberdéfense, notamment à l’aide de ce simulateur afin de les plonger dans les conditions les plus réelles possibles. Et le retour d’expérience est très positif. »

La journée se termine par une conférence de presse avec la présence du Vice-Président et ministre régional wallon de l’économie et du numérique Pierre-Yves Jeholet. L’ensemble des ministres sont sur la même longueur d’ondes : il faut consacrer plus de moyens au spatial et à la cybersécurité. Le ministre de la Défense désire faire passer la nouvelle loi de programmation militaire avant la fin de l’année et le Vice-Président wallon prépare un accord de coopération avec le Fédéral concernant ces matières. Il ne reste plus à espérer que cette belle unanimité se poursuive et se traduise en actes concrets.